Nous observons parfois une confusion entre ces deux concepts, tant dans la population générale que parmi les professionnels du champ social. D'où l'importance de nous arrêter pour les clarifier. Il existe des situations où les deux s'interrelient, de sorte que comprendre la différence est essentiel pour intervenir de façon appropriée dans l'intervention sociale et dans les ressources de chaque cas.
HANDICAP
Le handicap est une caractéristique de la personne, pour la quantification de laquelle il existe un barème, dans le but de légiférer des droits et de fournir les services ou prestations qui améliorent sa qualité de vie. La loi générale relative aux droits des personnes handicapées et à leur inclusion sociale (décret législatif royal 1/2013) le définit comme «une situation qui résulte de l'interaction entre les personnes présentant des déficiences vraisemblablement permanentes et tout type de barrières qui limitent ou empêchent leur pleine et effective participation à la société, à égalité avec les autres».
Le droit à ces services et prestations est reconnu lorsque la personne sollicite son évaluation dans les Centres d'évaluation et d'orientation (CVO), via une équipe d'évaluation et d'orientation (EVO), et à condition qu'un taux égal ou supérieur à 33 % lui soit reconnu. Le taux est révisable, d'office ou à la demande de la personne, après au moins deux ans, pour amélioration ou aggravation.
DÉPENDANCE
La loi sur la dépendance (39/2006, du 14 décembre) définit la dépendance comme «l'état de caractère permanent dans lequel se trouvent les personnes qui, pour des raisons liées à l'âge, à la maladie ou au handicap, et liées au manque ou à la perte d'autonomie, ont besoin de l'attention d'une ou plusieurs autres personnes ou d'aides importantes pour réaliser les activités de base de la vie quotidienne».
Cette loi crée le Système pour l'autonomie et la prise en charge de la dépendance (SAAD) et établit, en son article 26, trois degrés : Degré I (dépendance modérée), Degré II (dépendance sévère) et Degré III (grande dépendance). Pour accéder aux ressources, la personne en fait la demande auprès des Services sociaux ; l'évaluation est réalisée par une travailleuse sociale au moyen d'une visite à domicile, dont découlent un diagnostic et la proposition d'un Plan individualisé de prise en charge (PIA), qui établit la ressource la plus adaptée.
CONCLUSION
Le handicap n'englobe pas nécessairement une dépendance. La présomption de manque d'autonomie chez les personnes handicapées est ce qui génère la confusion conceptuelle. Il vaut la peine d'unir les efforts pour décoder des termes chargés de stéréotypes : le faire nous donne une plus grande liberté d'action en tant que personnes et en tant que professionnels. Accompagner la démarche —que demander, auprès de qui et avec quels documents— fait partie de notre Accompagnement social intégral.
